Le constat


Back Up

Grâce aux années qu’elle a passées sur le terrain, auprès des victimes, notre Présidente, Céline Bardet, s’est rendu compte des 3 défis majeurs posés par le viol de guerre :

L’impossibilité pour les victimes d’accéder aux services adaptés : très souvent on demande aux victimes de se déplacer et de se rendre vers les lieux où elles pourront bénéficier de soins médicaux, psychologiques ou de services juridiques. Mais cette vision pose problème. En effet, si une victime quitte son lieu de résidence, la communauté autour d’elle risque de comprendre ce qui lui est arrivé. 
Dans certaines zones sensibles, la stigmatisation autour du viol est énorme, et une victime peut être rejetée de sa communauté voire encourir des risques pour sa vie. Il arrive également parfois que ces victimes vivent dans des zones extrêmement isolées et n’aient pas les moyens de se rendre dans les zones où les services sont accessibles.

Un chiffre glaçant résume cette situation : une victime sur trois tente de se suicider dans les 72h suivant le viol par manque d’accès aux soins. Il convient donc de changer l’angle d’approche : il ne faut pas demander aux victimes de se rendre vers les services, mais il faut apporter les services à ces victimes. C’est bien l’un des objectifs du Back Up qui veut permettre d’apporter une réponse rapide et adaptée aux victimes.

Le manque de coordination des professionnels impliqués : le viol de guerre est une question transversale à plusieurs domaines et nécessite l’intervention de professionnels variés, appartement au secteur médical, psychologique, juridique ou encore social. Malheureusement, il existe souvent peu de ponts entre ces secteurs. En Libye par exemple, nous sommes en contact avec plusieurs médecins qui ont soigné des victimes de viol de guerre, mais qui ne savent pas où et comment guider leurs patients vers des réponses juridiques. A l’inverse, nous connaissons plusieurs avocats et procureurs qui veulent poursuivre les auteurs, mais qui ont besoin de professionnels du monde médical pour prouver la commission de viols. Il convient donc de créer un réseau réunissant tous ces professionnels, et c’est bien l’une des ambitions du Back Up.

– Le manque de données fiables sur l’ampleur des violences sexuelles en conflit : à l’heure actuelle, il n’existe aucun chiffre ni donnée complètement vérifiée sur ce phénomène. Parce qu’il est très difficile pour les victimes de se signaler, et parce qu’il s’agit d’un sujet très sensible, les informations sont difficiles à trouver. Or, pour répondre à cette question de façon crédible, il convient de disposer de chiffres fiables. Là encore, l’outil Back Up veut parer à cet obstacle.