Un djihadiste remis à la CPI pour crime de guerre

Le samedi 31 mars 2018, le Mali a remis à la Cour Pénale Internationale le djihadiste M. Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud « Al Hassan », suite au mandat d’arrêt délivré par la Cour quelques jours plus tôt.

Il est accusé d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité entre avril 2012 et janvier 2013. Il s’agirait notamment de faits de torture, viol et persécution, lorsque la ville de Tombouctou était sous le contrôle de groupes terroristes tels qu’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et Ansar Eddine.

Al Hassan, alors qu’il était commissaire de la police islamique et qu’une quarantaine d’hommes étaient sous sa supervision, aurait procédé à la destruction de monuments religieux ainsi qu’à l’arrestation de nombreuses femmes. Celles-ci auraient été battues, emprisonnées et violées, au motif qu’elles ne respectaient pas les principes dictés par la charia telle que voulaient l’imposer ces groupes.

Cette arrestation a été permise grâce au travail de longue haleine fait par la CPI ainsi qu’au procès d’Ahmed Al-Mahdi, un djihadiste présent au Nord du Mali affilié au groupe Ansar Eddine, condamné à 9 ans de prison pour crime de guerre. Ce dernier a fourni des informations essentielles à la Cour permettant de lancer un mandat d’arrêt contre Al-Hassan.

« L’arrestation de M. Al Hassan et son transfèrement à la CPI envoient un message fort à tous ceux qui, où qu’ils se trouvent, commettent des crimes qui heurtent la conscience humaine », a déclaré Fatou Bensouda, procureure générale de la CPI. « J’espère qu’il signifie au Mali notre détermination et notre résolution à agir comme il se doit et à faire tout ce que nous pouvons pour répondre aux souffrances indicibles infligées à la population malienne ».

A ce jour, l’utilisation du viol comme arme de guerre n’a que très peu de fois était reconnue par la CPI. Néanmoins la condamnation de Jean-Pierre Bemba en 2016, pour son rôle de dirigeant ayant ordonné l’utilisation du viol à l’encontre de la population centrafricaine entre 2002 et 2003, pourrait servir de précédent judiciaire pour l’affaire Al Hassan.

 

Moradeke Badirou

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