Zimbabwe : la terreur par le viol.

« Ils voulaient violer ma fille de 13 ans, mais je leur ai demandé de me prendre à sa place. (…) il y avait trois militaires, un policier et un homme civil, tous étaient masqués ».

Au Zimbabwe, les ONG s’alarment de la vague de répression violente lancée à l’encontre des opposants politiques et font état d’une centaine d’abus commis par les forces armées. Ce reportage*, réalisé et diffusé par France 24, en témoigne.

Cela fait deux décennies que le Zimbabwe s’enlise dans une crise économique. Après son élection, en novembre 2017, l’actuel Président Emmerson MNANGAGWA avait promis de sortir le pays de ce « marasme économique ». Pourtant, la situation ne cesse de se détériorer et l’annonce, en janvier 2019, de la hausse du prix d’essence n’a été qu’un coup de plus porté à la population à bout de souffle. 

Depuis mi-janvier, le gouvernement s’est engagé dans une grande vague de répression à l’encontre des opposants politiques manifestant contre « la hausse des prix sur fond de pénurie des denrées de première nécessité ». Les ONG dénoncent la violence de ces répressions qui ont déjà fait plusieurs morts. Elles ne cessent de comptabiliser les centaines d’abus commis par les forces de sécurité, parmi lesquels, des faits de viols. Pour Blessing GORJENA, directrice adjointe d’Human Rights Forum au Zimbabwe, ces exactions ont pour objectif d’instaurer la terreur au sein des communautés. Les victimes se sont réfugiées dans des centres qui les accueillent et qui sont activement recherchés par les forces armées. Les témoignages se multiplient et permettent de parler de viols en série perpétrés par les militaires.

Bien que le Vice-Ministre Zimbabwéen de l’information Energy MUTODI assure que la justice s’occupera de réprimer tous ceux qui ont commis ces viols, force est de constater que le gouvernement n’a pas reconnu ces viols en série. Le Président MNANGAGWA garde quant à lui le silence face aux exactions de ses soldats …

C’est contre de telles situations, que Céline Bardet entend mener son combat avec WWoW. L’objectif est d’apporter son aide aux ONG qui travaillent déjà sur place et de les former au BackUp. Cet outil permet de faciliter le recueil de témoignages des victimes et de les orienter vers des aides médicales et juridiques. Les abus qu’elles ont subis sont susceptibles d’être qualifiés de crimes internationaux et la responsabilité de leurs bourreaux pourrait être engagée auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI). Un tel soutien est donc primordial pour assurer tout d’abord la sécurité et le rétablissement des victimes, mais aussi faire en sorte que de tels faits ne restent pas impunis.

Mais malgré la violence des crimes dont elles ont fait l’objet, il est important de ne pas réduire ces personnes au simple statut de victimes et de mettre en avant leur combativité, énergie et capacité à se reconstruire après un tel trauma et participer à la consolidation de la paix dans un pays post-conflit. Ces personnes sont avant tout des survivant e s, c’est d’ailleurs ainsi qu’elles se considèrent. Dans sa mission d’accompagnement, WWoW met en place un programme encourageant et soutenant les initiatives de ces survivant e s : FOSTER A SURVIVOR*.

En effet, il ne manque parfois pas grand chose pour reprendre sa vie en main, un « petit coup de pouce », pour s’acheter une voiture et aller travailler, pour financer un projet d’études ou une formation professionnelle … Ce « petit coup de pouce » va alors permettre aux survivant e s de se projeter positivement dans le futur. FOSTER A SURVIVOR a pour objectif de les accompagner dans ces projets au travers d’un programme de sponsoring qui les mettra en relation avec des entreprises, des particuliers, des personnes publiques. Chacun pourra alors faire un don du montant de son choix pour le projet de survivant e s de son choix. 

Ce programme va être lancé de façon officielle très prochainement. Mais il permet d’ores et déjà l’accompagnement de survivant  e s au Zimbabwe. En effet, lors de la campagne électorale de 2008, une vague de viols a été organisée dans le but de terroriser l’opposition. Céline BARDET est alors intervenue dans l’accompagnement judiciaire de l’une des survivantes, ayant permis la condamnation de l’Etat du Zimbabwe devant la Cour Suprême pour manquement à ses fonctions. Depuis, le programme FOSTER A SURVIVOR permet l’accompagnement de cette survivante dans sa reconstruction ce qui lui a permit de reprendre ses études. 

L’action de WWoW est donc déjà bien installée au Zimbabwe, et Céline BARDET entend poursuivre cet engagement afin de pouvoir encadrer les victimes qui font face aujourd’hui à cette nouvelle vague violente de répression. 

Juliette VANDEST

*Pour visionner le reportage : cliquer ici.

*Pour en savoir plus sur le projet FOSTER A SURVIVOR : cliquer ici.

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